Juste une envie de faire partager tous ces moments d'efforts en montagne.
7 Septembre 2011
30 min après s'être réveillé, le sms de l'organisation annonçant le décalage du départ à 23:30 (suite aux intempéries) allait bouleverser ma préparation mentale.
Impossible de décontracter les mollets de la journée et de faire une sieste l'après-midi afin d'optimiser la nuit blanche qui arrivait.
Chamonix, 23:00; météo toujours très humide depuis déjà 3:30 et se faire une place dans les 300 premiers sur la ligne de départ en passant par dessus la barrière devient un défis.
23:30, le temps n'a guère changé et le départ est donné, ça part un peu tranquille (office d'échauffement) jusqu'aux Houches et déjà quelques places se font sans m'en rendre compte jusqu'à St Gervais.
Arrivé aux Contamines pour mon premier vrai ravitaillement avec 30min d'avance sur ce qui était prévu, on choisit de ne changer que les chaussures et chaussettes, manger un peu car je n'avais avalé qu'un gel en 3:30 de course sous la pluie.
Début de froid aux doigts au Col du Bonhomme et perte de quelques places due à la difficulté d'ouvrir les poches pour s’alimenter et pour remettre les bâtons sur le sac pour attaquer la belle descente avant le levé du jour sur les Chapieux. La reconnaissance a bien servi ici pour couper les chemins de nuit et remonter en classement.
Arrivé aux Chapieux avec presque 1:00 d'avance au levé du jour, je prends le temps de prendre une soupe et quelques TUC, de refaire le plein du sac en liquides et solides devant quelques supporters. A ma surprise, notre grand Thierry Bochet arrive lorsque je suis prêt à partir et lui propose de faire un bout avec moi (il me laissera continuer seul un peu après la Ville des Glaciers et abandonnera à Courmayeur). La neige se mit à tomber sur le Col de la Seigne avec son habituel vent froid sans prendre la peine de remettre la veste, les poursuivants auront droit à des chemins plus que glissant. Un début de douleur commence à s'installer sous la voûte plantaire pendant la descente menant au Lac Combal et arrive à me faire ralentir un peu. Le long plat vide de coureur se fit en mangeant un peu et au trot avant d’entamer la montée italienne. Le soleil commençait déjà à taper en milieu de matinée, la sortie des bâtons s'imposait, un coup de moins bien avec les mollets bétons et le début de douleur dans le pli de la jambe s’invitaient à la partie. Vu que j'étais toujours en avance, je décidais d'aller calme sans perdre de place jusqu'à la fin de la montée.
J'avais prévu d'arriver à midi à Courmayeur et arrivé à Checrouit il n'était qu'à peine 11:00, je lâche les chiens dans la dernière partie de la descente bien technique où je prend un malin plaisir à doubler la bonne douzaine de coureurs qui m'avait doublé une heure plus tôt malgré la douleur.
L'heure de manger arrivait et mes gnocchis m'attendaient à Courmayeur, 11:42, gros ravito avec Laurent et Alicia pour refaire le plein, massages des jambes et changement complet de tenue. Départ bien dur de Courmayeur, les jambes sont raides et mêmes sur les conseils de Laurent, l'appuie sur les bâtons pour soulager semblait difficile. La montée à Bertone que je n'avais pas reconnue pourtant courte mais raide ne semblait jamais finir, la fatigue s'installa et les places commençaient à passer. Une micro sieste a été tentée en bord de chemin mais impossible avec tous les coureurs qui demandent si ça va, alors je repars en mal au refuge Bertone, à nouveau un bol de soupe et un coca pour réveiller tout ça mais ça ne courra plus après ça. La traversée et les faux plats rejoignant le refuge Bonatti fut un calvaire, la douleur m'empêchait de relancer, de forcer sur l'appui droit et mes paupières se fermaient par accoue, le palpitant et le souffle donnaient également le signal d'alarme. A la vue de ce qui m'attendait pour rejoindre Arnuva puis le Grand Col Ferret avec la chaleur, la plus dure des décisions jamais prise semblait évidente pour Bonatti. L'appel à Laurent qui était déjà à Martigny avec Alicia pour me rejoindre à Champex me paraissait être une nouvelle que l'on ne veut pas entendre, une chute. Et de voir tous les encouragements sur le suivi de course sur internet me mis à genoux. Arrivé à Bonatti, les bénévoles m'encouragèrent à me reposer un moment avant de prendre la bonne décision, je pris le soin de faire une sieste de 30 min mais la douleur était toujours présente. La décision était radicale.
Toutes les remises en questions sont inutiles mais pourtant essentielles pour trouver l'erreur.
Le plus beau moment que je pensais passer était celui du franchissement de la ligne d’arrivée. Mais je l’ai eu différemment… en sortant du bus de Courmayeur avec mes amis qui m’attendaient …