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Juste une envie de faire partager tous ces moments d'efforts en montagne.

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Ultratour du Beaufortain

Voilà déjà plusieurs mois que j’attendais cette fameuse journée du 21 juillet 2012 sur le tour du Beaufortain, une magnifique boucle de 107 kms passant par un bon nombre de cols, d’alpages et passages techniques. A cette occasion, une collecte au profit de l’association « vaincre la mucoviscidose » a été réalisée sur une semaine pour augmenter ma motivation mentale afin d’améliorer mon temps de l’an dernier qui était de 16 :45. Une prévision de 16 :00 m’est envisagée.

N’ayant pas retrouvé mes temps intermédiaires de l’année passée, il m’a fallu revoir mes calculs pour mon ravitailleur Xavier Mills. Tout est prévu à la lettre pour rester le moins de temps possible sur les aires de ravitaillement : sachets zip contenant tel ou tel gels et barres GO2 qui seront appropriés suivant le profil, quelques petits sandwichs et bonbons, flasques de One, une aire de rechange de chaussures et vêtements suivant la météo.

Photo Benjamin Dunand

Nous sommes la veille du départ, une demi-heure à jeun assez tôt et ambiance détendue sur quelques longueurs en piscine en ce beau début d’après-midi avant de charger la voiture. Je récupère mon dossard avec Fabien Pichol chez qui je passe la nuit à Queige. Nous y retrouvons Alexis Imperatore, Stéphane Evêque, Sébastien Gérard, Jérome Vibert et David Chamiot Poncet avec qui nous échangeons quelques mots sur nos sensations et prévisions pour la course. Le ciel devient plus sombre depuis quelques minutes et nous laisse prédire une météo incertaine pour la nuit et le lendemain. Nous restons au briefing, et la météo ne sera pas forcément avec nous demain. Il commence déjà à pleuvoir pendant que nous mangeons notre bonne assiette de pâtes, boudin et quelques parts de gâteau aux fruits rouges GO2. Nous ne trainons pas trop car la nuit sera de courte durée, le départ étant donné à 4 :00, je règle le réveil pour 1 :45.

Photo Benjamin Dunand

Après une nuit qui s’est bien passée, je commence déjà à manger 3 parts de gâteau aux amandes Go2 sans faire trop de bruits car Fabien se lève un peu plus tard. Je me recouche un moment bien que je n’ai plus sommeil pour digérer et me concentrer. Fabien se lève, je peux donc finir de préparer mon sac, une bonne charge de Booster GO2 dans le camel avec un peu de Pro Dextro, une petite séance de massage sur les jambes pour les réveiller et c’est parti !

Mon échauffement ne dure que quelques minutes et je n’ai pas trop d’intérêt de faire monter le cœur dans les tours à la vue de ce qui nous attend, le ciel est couvert et le sol encore bien humide de la nuit. Voilà une journée où il va falloir être encore plus vigilant avec les pierres glissantes et les passages de boue. Je rejoins les quelques 400 coureurs sur la ligne de départ, devant avec les copains, à raconter quelques conneries pour détendre l’atmosphère. La musique commence, les flambeaux rouges allumés, et le départ est donné. Une première partie plus plate et longue que d’accoutumée permet d’entrée au premier peloton de se détacher au niveau du goudron, ça part très fort et je ne me laisse pas avoir pour une fois. Sur la route, je compte devant moi 19 personnes et dont je ne connais pas le nombre de lièvres. J’ai juste pu observer que Fabien et David n’étaient pas loin derrière, Alexis, Stéphane et Sébastien devant. Je me trouve dans la forêt de Molliessoulaz un peu seul jusqu’aux Chappes où je récupère 2 coureurs, à l’approche du Col de la Roche Pourrie je jette un œil sur la montre et je m’aperçois que je suis bientôt au chrono que je m’étais fixé pour les Col des Lacs, ce qui commence à me poser quelques questions pour la suite. La première montée passe en n’ayant bu 2/3 gorgée et n’ayant encore rien mangé, ce qui m’affaiblie un peu au Col des Lacs, de plus que nous sommes dans un épais brouillard, je m’empare d’une gourde de recharge à la banane GO2 à l’entrée de la descente qui me fait le plus grand bien et recommence à boire un peu. J’entends les bénévoles encourager mon poursuivant depuis le col qui n’a pas l’air bien loin derrière moi, je ne me retourne pas, mais me fixe sur le coureur qui se trouve juste devant, j’emboite le pas pour le reprendre au col de la Bathie sans trop forcer.

Photo Fred UTB

Ravitaillement des Arolles au bout de 2 :40 toujours dans la brume, je prends juste deux quartiers d’orange et 1 verre d’eau gazeuse. C’est Fabien qui arrive juste derrière et me réjouit pour lui car c’est son premier ultra, nous ne trainons pas et faisons le chemin en direction de la passerelle de St Guérin où du monde nous attend. Première véritable partie technique ici sur les racines et petites dalles glissantes, entrecoupée de ruisselets et de boue après l’intersection du Cuvy où nous laissons en retrait Fréderic Desplanches avec qui nous avons discutés un peu. La passerelle se fait attendre, nos familles et amis sont là avec les premiers sons de cloches pour le premier suivi. Voilà déjà un petit moment que mon ventre force, n’ayant pas fait le plus important avant le départ, je dois malheureusement accélérer et laisser Fabien derrière moi en ce début de monter pour me planquer derrière un arbre. Fabien passe et me prend 5min, ainsi que Fréderic. Me revoilà maintenant seul en approche du ravitaillement du Cormet où je prends la première soupe chaude, 2 quartiers d’orange, et 3 verres d’eau gazeuse pris un peu trop rapidement, me gonflant le ventre et me coupant l’envie de me ravitailler en route jusqu’au refuge de Presset. Le brouillard épais rend impossible la visibilité sur les concurrents de devant, seul point de repère, un temps d’écart donné par Laurent Copin vers le petit canyon.

Photo Alicia Magnenot

La montée du Col du Coin se fait assez vite, la vue est un peu mieux dégagée mais le vent frais s’abat au sommet, je ne pense pas à jeter un œil dans le rétro et attaque la descente. S’en suit une belle traversée dans les pierres jusqu’au Lac d’Amour avec la Pierra Menta sur la droite que nous ne verrons pas puisqu’elle est complètement cachée par le brouillard. Je parviens quand même à mettre les deux pieds dans l’eau, peine pas trop perdue puisque ça me dégagera le surplus de boue me lestant les pieds. Je me force tout de même à prendre un gel dans la montée du Col à Tutu car la cadence s’est mise à baisser et un coureur s’approche. Rien à faire, je le laisse passer en haut, le suit jusqu’au refuge de Presset. A ma grande surprise, Jérome Vibert que je pensais derrière était là, soupe à la main. On touche quelques mots pendant que je mange mon bol également. Cela fait vraiment du bien et réchauffe tout de suite, engloutie même bouillante. Il est déjà 10 :00 passé et Fabien est reparti tout juste à mon arrivée, et surtout je suis carrément à la bourre sur le temps prévu. Il va falloir se réveiller pour arriver avant midi au Plan de la Laie pour le gros ravito. La montée du Col du Grand Fond ne se déroule pas si mal finalement, je récupère Jérome à la Brèche de Parozan d’où le jeune Emilien Bochet nous attend pour nous accompagner. Une belle descente raide dans les gravas de pierres s’offre à nous où la chute est interdite, seule chose à faire, laisser dérouler les jambes, appuie sur talon pour bien ressentir les pierres glisser sous les semelles. S’en suit un névé de neige encore assez dure, parsemé de forme lunaire où il est plus difficile d’avoir de bons appuis. Jérome nous a lâché sans que je m’en aperçoive. Emilien restera avec moi jusqu’au ravito, le fait qu’il me dit que je descends bien avec ce qui a déjà été fait me motive, nous doublons un coureur sur un single escarpé. La route en approche pour revoir un peu du monde ne fait que me remotiver.

Photo Alicia Magnenot

Me voilà au Plan de la Laie après 7 :27 de course, la moitié de fait, c’est à peu près le même temps que j’avais due effectuer l’an dernier. Le calcul est simple, je dois arriver dans 8 :30 maximum. Je ne dois pas trainer au ravito, je décide de manger le moins possible sur place, d’ailleurs je n’ai pas faim ni soif, juste une soupe pendant que Xavier sort le camel du sac qui, étonné de voir qu’il reste encore plus d’un litre sur le 1.25 litre rempli, je lui fait changer quand même pour avoir quelque chose de plus frais et avoir un autre gout. Je saute le changement de vêtements et de chaussures, me pulvérise de l’eau pour me nettoyer un peu le visage, mets en poche 2 petits sandwichs de chèvre et repars une ProBar à la main que je me force à manger par petites bouchées pour ne pas craquer plus loin car mon ventre est pas mal vide depuis le début. Pour m’aider à digérer plus vite la barre dans ma bouche totalement sèche, je tente d’aspirer du liquide par la pipette qui a été malheureusement coincé pendant le changement de sac, Yannick Aboulikam qui se trouve à proximité me règle l’affaire. La première féminine est à 6/7min devant moi, elle a posé une belle accélération depuis le ravito et impossible pour moi de l’approcher, je l’ai plusieurs fois en visuel et à chaque fois elle s’éloigne. Le Col de la Sauce s’offre à moi et j’opte pour un sandwich avant de pouvoir me remettre à courir le long de la crête des Gittes, manque de bol, je me force à nouveau par petites bouchées qui deviennent pâteuses, et tant que je n’aurai pas fini je marcherai. J’ai les boules tout le long car j’ai peiné à manger et n’ai pu courir qu’à partir de la petite partie descendante avant le refuge du Bonhomme. Je prends quand même un Booster à l’assaut du Col du Bonhomme, le sol est toujours glissant, il faut toujours faire attention, le dos commence à taper un peu, 22 minutes s’écoulent entre les deux points, pas encore le top pour moi. A partir d’ici, ce n’est plus le même parcours que les fois d’avant, il faut passer à gauche pour rejoindre le hameau de la Gittaz dont je ne connais pas du tout le chemin ainsi qu’un temps approximatif. Personne ne me suit, soit je prends l’option d’y aller tranquille, soit je me fais plaisir à bloc sur ce terrain inconnu. Cette nouveauté me plait au fur et à mesure que je dévale le chemin, de la boue puis ce superbe passage du Curé avec sa voute taillée dans la roche, surplombant un beau mur de 40m. Sachant pertinemment qu’il faut bien lever les pieds sur ce terrain pierreux, je commets quand même l’erreur de trébucher et récupérer mon équilibre à tant au bord d’un ru balise. A la sortie de cette belle portion, s’offre un périlleux toboggan de boue extra grasse jusqu’au hameau. Les pieds filent dans tous les sens, glissent, s’enfoncent sous 10/15cm de boue, il ne manque plus qu’un taureau derrière et c’est Interville. Moins de 30 min pour rejoindre le ravito qui m’enchante, de plus que l’appétit est revenu. Fabien n’est parti du ravito que depuis peu, avec un peu de chance je peux le reprendre et faire la suite ensemble. Les chaussures étant dans un piteux état, il m’est cette fois nécessaire de les changer ainsi que les chaussettes tellement humides. Les pieds ne tirent pas trop la gueule, je fais un rapide nettoyage de tout ça avant de me refaire à neuf, une rapide soupe et toujours les oranges, une compote, un gel AC+, pour 7min de pause. Je repars frais et motivé pour cette nouvelle montée que j’estime à 1 :00 avec de la chance pour rejoindre le col, une bonne poignée de Pringles en main. Ceux-ci me posent un nouveau problème, chacun d’eux mis en bouche ne fonderont pas comme tous les jours, la sale sensation d’avaler un cube dure de patate sans gout me ripe tout le long de la gorge, je suis à nouveau obligé de boire à chaque fournée. Mais j’ai trop faim, je mange tout.

Photo Olivier Gibert

Je croise un bénévole cloitré dans son 4×4 pour se réchauffer de l’ambiance humide qui se trouve dehors, il sort tout content de voir un coureur. Je lui demande si je suis encore loin du col, d’après lui, il me resterait 20min en marchant « normalement », la moitié du temps me sera décompté. J’aurai fait cette montée dans le temps escompté. C’est parfait, je suis finalement bien revenu et même en avance, sans trop bien comprendre comment cela était possible mais tant mieux. La suite, d’ici au Mont Clocher, a été reconnu avec Alexis samedi passé, et avait été faite en 2 :20, une partie assez roulante sans trop technique avec le ravito du Col du Joly à 1 :00, tout est jouable. Je vois au loin deux coureurs avant le ravito. Le chemin est un peu moins gras ici, le ciel est toujours chargé, et quelques gouttes tombent sans trop d’importance. Xavier est là, ainsi que Manu Odin qui me donne des infos sur les autres, Sébastien, Stéphane et Alexis toujours très bien placés, et Fabien que j’ai encore croisé de peu. Vu l’heure ici, je prends un peu plus de temps sous le chapiteau pour parler, manger. En sortant, j’aurai presque eu envie de rester au chaud, le vent commençait à rafraichir un peu trop vite. Me revoilà en route pour une partie roulante, j’ai repris gout à courir sur ce chemin refait à la pioche dans la semaine par les bénévoles. Je tape des relances dans les bosses du Mont Vorès histoire de couiner un peu plus. Puis, je rencontre Caroline Freslon-Bette au Mont Clocher qui m’accompagnera jusqu’au parking au Col de la Lezette. Le ravito des Saisies n’est plus très loin, ça sent la fin et je suis de plus en plus excité. Je prends une gourde GO2 de banane avec un gel pour la dernière montée et deux flasques de One en express car deux coureurs sont à 5min derrière. La montée est assez rapide sur 50 min à la croix de Coste, je demande à combien de temps est Fabien devant moi aux bénévoles, 10min nous séparent, je n’y crois pas trop mais comme c’est la dernière ligne, je peux me permettre d’envoyer. Fabien se trouve juste là, à mi-parcours, commençant à avoir mal aux genoux, je lui fais peur sans bruit par derrière en lui demander s’il trouve des champignons. Je reste un petit moment avec lui et insiste pour qu’il me suive jusqu’à l’arrivée, nada, il ne veut rien entendre, et je le comprends, il sait que je suis un peu en avance et ne veut pas me gâcher ça. Je continue devant et le soutien pour qu’il ne lâche rien, et que je reviendrai le chercher. On entend déjà nos noms au micro depuis le village, super encourageant de la part de l’organisation. Le stade est là, Laurent Copin m’accompagne sur les derniers mètres dans la petite forêt. Beaucoup de monde pour voir l’arrivée cette année du fait d’arrivée plus tôt qu’avant. Une fois de plus très content du résultat (13ème) et du chrono de 15 :36, encore une amélioration d’1 :10. Le temps de faire une petite intervention sur l’association « Vaincre la mucoviscidose » et le petit défi que je m’étais lancé, je repars sur la promesse que j’avais faite à Fabien un peu plus tôt. J’aurai tellement apprécié faire plus de partie avec lui si je ne m’étais pas arrêté pour qu’on puisse progresser ensemble.

Photo Fred UTB

Je remercie toutes les personnes qui m’ont soutenues pendant cette longue journée froide et humide sans pouvoir profiter du paysage, ainsi que toutes celles qui ont offert un peu d’espoir aux enfants malades avec une belle collecte de 1150 Euros, aux bénévoles et l’organisation pour la bonne tenue de l’évènement, de même que notre partenaire nutritionel GO2 pour la bonne qualité de ses produits, les employés d’Eiffage Construction, de même que Dubourgeat SAS et OMEXOM.

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