Juste une envie de faire partager tous ces moments d'efforts en montagne.
16 Octobre 2016
Plan à cinq (Kaoli, Benoit, Magalie, François et moi) sur une nouvelle version bien chaude, orchestrée par François Lachaux pour une folle traversée dans le Bargy.
Les belles couleurs d'automne au départ du Col de la Colombière encore dans l'ombre et son petit air frais donnent le ton pour vite nous chauffer en direction du Pic du Jallouvre. Comme il se doit, pour ne pas changer les bonnes habitudes, et faire office à certaines critiques que l'on a pu recevoir en sortant des véhicules avec nos tenues "d'irrespectueux de la montagne", nous entamons la première difficulté sur l'arête des Bouquetins par la Cuchat, au départ de la via ferrata. Nous fuyons vite les câbles pour se faufiler entre les murs. Pose des mains obligatoire sur une grosse partie jusqu'au sommet et une grosse attention doit être de mise sur l'environnement. On se régale, même si avec ma grosse crève j'ai l'impression d'être cuit (en fait je commence juste à être collé). Le terrain est à la fois en gradin, rampe et en faille. Puis plus haut en dents de scie, très aérien, avec des vires minuscules pour contourner certains rochers plus escarpés si on le souhaite. Les gypaètes tournent autour de nous à plusieurs reprises, sacrés ombrelles!! Le fil d'arête final est plus effilé jusqu'au dernier ressaut précédent au dôme caillouteux sommital.
Pic du Jallouvre (2408m) check, on ne traîne pas trop au sommet car la route est encore longue après avoir fait pas mal de photos. On déroule enfin un peu les jambes sur la vire schisteuses de la Cravate ombragée

nous menant au Col du Rasoir (2250m), par la belle arête effilée où l'on peut apercevoir les derniers bouquetins locaux en contre-bas avec les petits.
Pointe Blanche (2438m) réalisée depuis le Col du Rasoir, en longeant la paroi, puis bifurquant vers le haut en longeant la rampe alternativement rocheuse et caillouteuse. Quelques petits cailloux filent... On rejoint l'arête faîtière jusqu'au sommet puis prenons un peu comme bon nous semble la direction du Col de Balafrasse sur une portion technique en gradins et pas donnée à tout le monde même si il y a une vieille corde qui traîne.
Kaoli nous abandonne au niveau de la Pointe de Balafrasse (2296m). L'arête ici est moins impressionnante, on croise plus de monde. Nous casserons la croûte sous la paroi de la Pointe du Midi à l'abri du vent. On repart de plus belle dans la pente par la cheminée appelée "la Porte d'Enfer" pour récupérer un collet puis atteindre le sommet, et revenir au collet pour descendre une section pierrier/desescalade.
Une fois l'herbe retrouvée, nous croisons des bouquetins non inquiétés de notre présence. Nous continuons sur l'arête herbeuse en direction de la Tour (2267m), la pente est assez large pour se disperser et choisir sa voix. Ensuite, nous arrivons au sommet du Grand Bargy. Pur régal sur le panorama avec la chaîne complète des Aravis agrémentée du Mont Blanc derrière. Paysage de dingue avec un sol piégueux comme au Parmelan.
La partie qui suit m'est connue mais pas dans ce sens. Nous empruntons le couloir des Ranges en descente et autant dire que se ne sera pas de trop de prendre son temps. Obligation de poser les mains, voir poser les fesses tellement c'est raide. On est plus à l'aise en mode montée finalement ici. On laisse filer quelques petits cailloux de temps à autre.
Une fois sortis du secteur, nous allons en direction pour la montée finale (enfin la grosse!) du Col d'Encrenaz (1984m). Le cirque est immense et difficile de voir depuis le bas où se trouve la sortie. De longs et raides lacets à travers les différents pierriers et gradins nous guident à la sortie. Puis nous bifurquons sur le Petit Bargy (2098m). Encore un décor magnifique digne de Parmelan (en mieux et plus long) sur le sentier de la Tête des Bécus (1907m).
La version aérienne se finie et laisse place à la forêt sous la Fléchère. François nous montre, par un petit détour, la grotte de la Cha, où se trouve une cloche et une vierge. Après 8:30 et notre ration d'eau vidée, gros désespoir en ne trouvant pas d'eau à l'habitation de la Cha... Faudra encore tirer la langue un moment.
Nous continuons sur le sentier en direction de Chalet neuf, puis prenons un semblant de vieux passage de berger dans Montarquis pour récupérer un itinéraire mieux fréquenté et arriver bien sec à la voiture.
Tous bien déshydraté, l'eau étant restant dans la mauvaise voiture, nous nous consolerons sur les bières avant l'arrivée de la nuit.