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mavoiemavie.overblog.com

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Juste une envie de faire partager tous ces moments d'efforts en montagne.

Publié le par Benjamin Dunand
Publié dans : #Trail, #Compressport, #Compte Rendu Course, #L'Echappée belle, #Belledonne, #Filtbelt

J-2 Le temps d’exitation sentant l’événement approche me redonne le sourire, et fait frissonner les veines dans les avants bras et les mollets. La météo s'annonce caniculaire et la préparation est aussi mauvaise que celle de l'Ultra Tour du Beaufortain (où j'avais mis le clignotant au km63).

Pas de doute, je risque de prendre cher.

Je prépare rapidos mes zips de graines et boulettes pâtes d'amandes/chocolat et autres vieux trucs fait maison restant de l'UTB sortis du congel, des galettes de sarrasin/flocons de riz, petites saucisses de tofu fumé, une patate douce, tome de chèvre, une briquette d'eau de coco, et trois flasques de soupe miso (un peigne et panier pour les myrtilles dans l'idéal mais ça ne rentre pas dans le sac). Il doit déjà être tard (comme d'habitude... 23:00 passé), je me met à calculer mes temps de passage qui franchement avec la technicité annoncée du parcours m'interroge beaucoup. Le sac est prêt et bien compacté avant de se coucher pour ...

J-1 6:00 Gros roulement de batterie sur "Lust for Life" d'Iggy Pop, j'ai du pain sur la planche, aucune assistance de prévue, je pars sur les ravitos principaux déposer mes réserves bien cachées sous des pierres ou dans les pins avant les points de contrôles afin d'y rester le moins de temps possible tout en ayant déjà manger le plus gros et surtout pour jeter mes déchets. Au total, je me tape presque 5:00 de route dans la journée, c'est ce qu'on doit faire de mieux en repos avant une grosse course... Je récupère au passage mon dossard en 10' avant d'atterrir en urgence chez le dentiste pour un gros mal de dent qui m'agaçait depuis lundi (c'est bien le moment!!). Le clou de girofle sera mon ami pour la vie ... mais qu'est-ce que c'est dégueu.

Je papote jusqu'à point d'heures pour de précieux conseils et encouragements, ce qui va encore bien me décalquer au réveil.

Jour J 3:00 Très étonné de ne pas avoir d'effet kiss cool, je file vite à la douche, prendre mon thé, deux œufs au plat et un verre de graines de chia gonflées dans le lait de riz en deux temps trois mouvement pour ne pas rater la navette d'Aiguebelle qui mènera au départ au Pleynet. Pour une fois je n'aurai pas droit à une boucle mais une traversée.

Les boules quiets n'auront pas été du luxe pour tenter de dormir un peu avec les secousses des dos d'ânes tel le confort dans un avion sous les perturbations.

Il fait encore nuit à Pleynet, on nous retarde le départ pour 6:15 (6:30 qui dit mieux!) pour laisser passer les derniers du 140 kms. Ce qui permet de remettre la frontale au fond du sac pour la ressortir pour le contrôle au SAS de départ (très astucieux).

Bien tenté de me mettre sur la ligne de départ comme à mon habitude, je reste en retrait au côté de Quentin Prangère et Audrey Bassac.

Le départ est donné, entre 40 et 50 personnes sont déjà devant sur une première petite bosse sur les pistes de ski qui permettra d'étudier les comportements de chacun. Un petit groupe part plein taquet devant Antoine Guillon qui se l'a coule douce, donc je prend exemple mais reprend toutefois plus de 30 places sur cette petite boucle revenant vers le départ avant d'emprunter un single qui va encore me permettre de me faufiler dans cette longue première descente. Il y a déjà une bonne ambiance de grand matin, ça promet d'être pas mal.

Après 7kms et 38' la montée commence enfin pour aller jusqu'à la Grande Valloire, les jambes légères sont présentes et me permettent de courir sans sortir les bâtons. Aucune idée du classement, ce n'est pas plus mal pour ne pas se mettre dans le rouge. Je sens revenir un coureur farfelu un peu taquet parlant un peu avec tout le monde, me double et ralentissant juste devant moi en me bloquant avec ses bâtons (rien de plus qui m'agace pour me casser le rythme), je fini par le doubler qu'il se mit à me coller en parlant essoufflé (c'est là que je pensais à une feinte de François Hivert en se retournant pour pincer le nez du poursuivant casse pied, mais j'ai gardé ça pour moi en riant). J'ai donc joué un peu avec lui en lui laissant croire que j'étais presque à bout, puis le sème à la descente.

Depuis les Gleysins.

Depuis les Gleysins.

Lac du Léat.

Lac du Léat.

Ça fait déjà un petit moment qu'on double les derniers du 140 kms à travers de magnifiques singles en forêt. Les premiers échos sentant le ravito de Gleysin se fait entendre et me dit d'accélérer un peu pour que mon poursuivant ne me voit pas aller fouiner sous les pierres récupérer ma poche zippée. J'ai juste le temps de boire mon miso et manger un peu avant de passer devant les spectateurs, et boire juste un verre de St Yorre posé sur la table avant de repartir sur une allure correcte.

Je mange ma galette enroulée sur le tofu et la tomme de chèvre en attaquant la montée en machant par petites bouchées pour qu'elles se désintègrent bien avant d'être avalées. Je reconnait ce vieux chemin avec des portions assez raides menant au refuge de l'Oule que j'avais déjà fait en ski de rando il y a fort longtemps, donc là on oublie de se cramer en courant et on enclenche les 3 brins. Un peu plus loin, on traverse un gros éboulis pour retrouver la forêt. Je croise Magloire, bénévole cette année qui descend et m'annonce 6ème. Mon farfelu revient sur moi avec d'autres coureurs et je n'ai ni envie de perdre la place, ni envie d'attaquer les choses sérieuses maintenant. Etant à l'ombre, autant en profiter parce que ce ne sera sans doute plus la même en plein cagnard.

Après 700m, nous voici bientôt au refuge en plein soleil, par un sentier de pierres où les mains servent plus que les bâtons. A ma grande surprise, je me fais doubler par un membre du team Hoka, Damien Trivel, qui emboîte le pas et donne la cadence. Malheureusement je perds un peu de distance en m’humidifiant les jambes, bras et visage. Un petit ravito liquide est présent au refuge avec de la St Yorre, j'en profite vite fait, les autres derrière également.

C'est reparti pour 640m de montée pour aller au Col de Morétan à travers de bons blocs et un petit névé sous les premiers effets de la chaleur où tu penses qu'il ne faudrait pas être ici pendant midi. Je passe devant un coureur de 140 kms qui dormait sur un gros rocher sans le déranger et le prend en photo. D'ailleurs la combe est entourée de superbes arêtes qui ne donnent qu'envie de revenir dans le coin.

Passage au Col de Morétan avec une superbe fenêtre sur l'autre versant où nous attend un gros névé bien dur et équipé d'une corde. Je touche deux mots avec les bénévoles au sommet en profitant du paysage.

Je me mets sur les fesses dans la neige pour prendre de la vitesse mais les quelques ailerons de requin dépassant me feront assez bouger les voiles. Ensuite, le passage de fou bien raide en bordure de moraine avec du gaz des deux côtés ne permet pas vraiment de courir même avec la corde mais j'y prends mon pied (on apprendra d'ailleurs plus tard qu'un coureur s'y sera ouvert le bras en trébuchant). Le terrain s'adouci un peu mais nous sommes toujours dans les pierres. Le bruit d'écoulement de l'eau t'accompagne sous la roche sans jamais pouvoir la toucher, et dans ta tête les envies de se mouiller pour descendre en température n'arête pas de tourner, une vraie torture! Et soudain, j'aperçois ce magnifique lac supérieur de Morétan perdu au milieu de nulle part où se reflète la montagne de Périoule, où l'envie de se baigner pourrait devenir priorité. Pas le temps puisque qu'un coureur du 85km est là et nous nous rafraîchissons sans trop traîner, je fais vite mon petit panoramique pour ne pas l'oublier et s'est reparti.

Col de Moretan.
Col de Moretan.
Col de Moretan.

Col de Moretan.

Nous approchons de Périoule en pleines tourbières tamisées d'un beau vert et de linaigrettes de Scheuchzer décoiffées par la bise où se trouvent un point de contrôle avec plusieurs tentes et de quoi boire un coup. Un hélico vient même récupérer un coureur en mode échec.

Un peu plus bas sur ma trace avant l'étang de Périoule, sur quoi je n'aurai jamais du tomber? Des myrtilles en pagaille, grosses comme un ongle. Je ne perds pas l'occasion de perdre du temps pour m'en ramasser à la volée et de m'en mettre plein la bouche en les laissant bien fondre de peur de ne plus en voir plus tard (sauf qu'il y'en aura de partout...) ce qui me refait le plein de batterie aussi efficace qu'un gel.

Après avoir passer le Pas de l'Ours et le Planet, j'emprunte un sentier très raide passant par l'alpage magnifique du Compas pour trouver le refuge de la Pierre Carré où se trouve un autre point d'eau et bénévoles. Ensuite c'est tout en traversée au milieu des myrtilles et fraises des bois où je vais encore bien m'alimenter naturellement qui nous amènera à Super Collet.

De nombreux spectateurs sont au bord du chemin où j'avais caché dans un pin mon plus gros ravito. Heureusement pour moi que les gens regardent au sol. Je vois mon père avant le point de contrôle à ma grande surprise me faisant signe, puis courant derrière moi pour signaler à ma mère mon arrivée. Certains coureurs ont recollé mais chacun prend autant de temps que moi pour manger. Je change de chaussures et chaussettes pour me sentir plus frais et plus léger, là je me chausse de vieilles Single Track TNF bien lisses. Les flasques remplies par le paternel et je suis prêt à reprendre du service malgré le règne du soleil sur les coups de midi. Finalement, ce qui devait être une simple surprise sur un point de course devient une assistance improvisée sur les suivantes, chose pas simple quand on est bien placé...

La visière et autres textiles bien rafraîchis avant de partir n'auront pas mis longtemps pour reprendre la chaleur sur la piste de ski au Col de Claran, je m'accroche car je connais la suite reconnue jusqu'à Val Pelouse et sais que je vais pouvoir m’imbiber à plusieurs endroits.

Plus bas, à la passerelle du Bens, le coureur farfelu se trouve derrière moi alors que je le croyais devant moi, me disant qu'il coulait la bielle à vomir partout à cause de trop nombreux gels (bah oui faut pas en abuser avec cette chaleur!), on ne trouve pas d'eau à la Baraque de Cohardin et devront revenir en arrière pour boire l'eau du ruisseau. Je pars mais ne vois plus le gars derrière, surement le clignotant pour lui.

La montée en forêt fait plus que du bien à l'ombre jusqu'au refuge des Fériches mais m'aura quand même fait boire 1 litre. Surprise!! Encore de la St Yorre en pleine montagne, c'est trop la classe. Je me retrouve avec un autre coureur avec qui je sympatise sur la traversée avant les bosses bien droites et pénibles de la Grande Lanche sous la Grosse Tête. Le soleil de plomb m’assomme et j'ai du mal à trouver de la salive pour mieux digérer ma bouffe, je me pose un instant contre un rocher en attendant mon nouveau camarade qui peine aussi et voit au dessus de moi un mec torse nu bien portant marcher péniblement puis s’asseyant au sol. Je reprend la course sans attendre le coureur et dépasse le mec louche en question, puis me dit qu'il sera bon de lui proposer de l'eau étant donné qu'il n'avait qu'un short sur lui et son t-shirt à la main, et qu'au rythme où il allait, il en avait pour 1:30/2:00 pour arriver à Val Pelouse. Il me parle sur un ton surprenant de méchanceté comme quoi on le faisait chier à lui proposer de l'eau et que ça ne résoudrait pas le problème pour lui donner des forces... Bref je le laisse m'envoyer chier et continue mon chemin puis me retourne et voit qu'il s'en prend à l'autre coureur. Je signale l'individu au bénévole du Col de la Frèche qui était au parfum et m'informa que les gendarmes étaient en route.

Je refais le plein d'eau au refuge de la Perrière hors de trace avant trouver plus loin ma dernière poche zippée placé avant Val Pelouse, puis retrouve mes parents. Quelques portions de citron et d'orange et parler cet énergumène avec les autres coureurs qui ont pu recollés entre temps avant d'entamer la petite portion positive qui va commencer à taper dans la fatigue, mais l'obstination de ne pas perdre de vue le coureur devant et surtout de ne pas se faire reprendre par les deux à mes trousse l'emporte.

Super Collet avec ma patate douce.
Super Collet avec ma patate douce.

Super Collet avec ma patate douce.

Périoule.
Périoule.

Périoule.

Etang de Périoule.

Etang de Périoule.

Val Pelouse avec mon miso.

Val Pelouse avec mon miso.

Après 11:00 de course et 57kms, l'atmosphère est toujours lourde, le ventre gonflé d'eau m’empêche de manger et je commence à penser que je ne me suis pas assez alimenter, j'ai sans cesse soif et envie de me mouiller. Je pense également avoir bien fait d'avoir pris les bâtons car je n'étais pas parti pour. Je reprend le coureur Alban Martinez devant moi au Col de la Perche et restons ensemble un moment jusqu'au Lac des Grenouilles où se trouvent des vaches couchées et d'autres coureurs du 140kms qui se rafraîchissent, nous en faisons autant et au moment de repartir deux coureurs arrivent et en feront autant. Ça commence à être serré, une bonne grimpette s'annonce, pas facile pour moi qui commence à sentir le vent dans le mauvais sens. Le ciel vient de se voiler, la température baisse et le ciel s'obscurcit au loin. Je me sens un poil mieux dans les bras mais pas dans les jambes. Je songe un instant à m’arrêter pour souffler mais cela pourrait me faire perdre les moyens pour la suite du fait de voir les autres passer. Puis j'ai pensé à la micro sieste de 10', je m'installe bien à l'écart du tracé derrière les buissons pour ne pas être déranger à chaque passage, mets un petit mot sur FB, le réveil et me couche, m'endort direct. Le réveil sonne, je sursaute et mange deux bouts de chocolat et de pâte d'amande, les bâtons en mains et me sens refait à neuf, impressionnante comme sensation! Je reconnais des coureurs du 140 que j'avais doublés dans la descente et leur demande combien sont passés devant eux et les intervalles.

Fort heureusement pour moi, deux coureurs de plus s'étaient positionnés entre les trois connus et moi, et l'un deux n'était pas loin. Le rythme me parait nettement meilleur qu'avant la sieste, je double beaucoup de monde du 140 une fois de plus et gagne en ligne de mire un à un les deux coureurs intermédiaires que je récupère jusqu'au sommet du grand Chat.

Un peu plus lin dans la longue descente sur la vallée des Huiles, je retrouve Alban qui était avec moi au Col de la Perche, le devance avant de m'être informé que les deux devant étaient ensemble avec beaucoup d'avance. J'essaye de joindre ma mère pour qu'elle regarde les temps intermédiaire au ravito du Pontet, le réseau coupe en pleine forêt sans qu'elle puisse avoir toutes mes indications. Il me reste un peu plus de 20 kms et une bosse de 400m, autant vraiment attaquer maintenant surtout que ça sent l'orage. Une fois en bas, la longue relance avant le ravito me gâche ma joie et me mets à marcher et me fait reprendre. J'arrive un peu sec au ravito qui se trouve tout chamboulé avec l'arrivée de l'orage, pas moyen de trouver de la St Yorre et des bananes, je tourne en rond et perd du temps en m'énervant.

Je me remet en chemin déjà déçu d'avoir encore vue filer une place. Je rentre dans une forêt sombre avec les premiers coups de tonnerre, le chemin est digne d'une montée sèche alors j'accélère à bloc sur mes bâtons au milieu des feuilles qui commencent à recevoir les premières grosses gouttes de pluie. J'ai l'impression qu'il y a plus de dénivelé que prévu sans pouvoir vérifier la montre. Je m'arrête pour mettre la frontale de sécurité (la toute petite avec le fil qui n'éclaire que dalle...). Il y a encore et encore des petites relances et petits murs à n'en plus voir le bout, le sol commence à être bien gras et ressens le manque d'adhérence dans la descente. Je récupère Alban, le devance sous les nombreux éclairs qui illuminent le sentier. J'arrive sur une sorte de parking et une piste forestière sur ma gauche que j'emprunte un moment avant de comprendre que je ne suis plus sur le bon chemin par manque de balisage qui était quand même assez conséquent, je met un bon coup de sifflet que personne n'entendra avec la pluie, je fait marche arrière et vois mieux le balisage sur un petit single abrité.

Quelle galère de prendre ce single gras sans pouvoir tout donner pour la dernière descente mais je fais au mieux malgré les six glissades de bain de boue offertes. je gagne du terrain en doublant, m'aide tant bien que mal avec les branches et surtout les ronces qui me garnissent les mains d'épines, je sens le poids de la boue qui s'est ajouté sur l'arrière de mon short fort désagréable. Après 82kms, un nouveau coureur revient sur moi, le laisse passer car il avance mieux que moi car sa frontale lui offre un meilleur champ de vision. j'en profite pour me servir de lui pour m'ouvrir le passage, je gagne en confiance, en vitesse et reste avec lui jusqu'à l'arrivée sur le bitume où il lâche prise. Cette fois je dois tout donner éclairé par les lampadaires sans qu'on puisse revenir sur moi et c'est chose faite après 88kms et 6350m+/7500- en secouant la grosse cloche de l'arrivée.

Quelle joie de retomber dans un top 10 (8/203) avec si peu d’entraînements et d'avoir respecter les temps de passages envisagés en n'ayant pas tout reconnu du parcours, d'avoir tenu sous la chaleur, en ayant fait une sieste, mangé des myrtilles, découvert de nouveaux beaux paysages, ces nombreux ruisseaux et lacs, la surprise de voir mes parents jusqu'au bout. Tout ça remet forcément en confiance pour la suite, même si je m'étais dit que ça allait être ma dernière longue distance sous un dossard. A voir si maintenant je vais rester raisonnable... mais place à deux beaux projets de traversées de massifs avec deux équipes différentes qui dépasseront certainement mes limites.

Merci encore pour tous vos soutiens que je ne pouvais lire par manque de réseau pendant la course, après également, mes parents, mes partenaires Filtbelt et Compressport et mes collègues d'Intersport Chambéry qui ont du passer un peu plus de temps sur le PC ;) .

Rien à dire sur l'évènement avec un parcours bien technique comme j'aime, ses nombreux points d'eau, des bénévoles où on ne s'y attend pas et très sympa, et surtout la bière à l'arrivée ;)

Dernier ravito.
Dernier ravito.

Dernier ravito.

L' Echappée Belle - Traversée Nord
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